L’Eté Indien

IMG_1661Voici bientôt quatre ans que nous sommes passés à l’Eté indien, à l’Etang-Salé-les-Bains. Il en a résulté une pauvre fourchette en inox. De l’eau ayant coulé sous les ponts depuis, nous décidons d’y retourner pour une mise à jour.

Certaines choses ne changent pas : même terrasse bondée, sans compter les tables à l’intérieur. Même carte géante, brossant toute la panoplie possible, ou presque : pizzas, pâtes, cuisine chinoise et « créole », et conséquemment, à n’en point douter, une belle chambre froide bien pleine derrière à défaut d’une armée pour faire tourner la cuisine. Bien entendu, nous choisissons la formule créole, à savoir un cari au choix accompagné d’une entrée et d’un dessert, apéritif inclus pour 29 euros.

IMG_1650L’accueil est souriant. Nous prenons une table au frais, et sommes servis assez rapidement d’un ti-punch. Chargé de glace comme il est, nous nous dépêchons de le déguster avant qu’il ne se noie. Le rhum à l’eau, c’est insipide, en sus d’être un outrage. A noter que sur la carte, il est précisé « Ti Punch ou Planteur, avec ou sans alcool ». Un Ti-punch sans alcool, qu’est-ce que c’est ? Du jus de canne avec un citron ?

Entre le rougail saucisse, le cari de poulet, le cari de thon massalé, le cabri massalé et civet de zourite, le cari de poisson « tradition » (du mérou aujourd’hui) et le civet de canard, notre choix se porte sur ce dernier.

IMG_1651En préambule, nous demandons le achard de légumes, pour ne pas nous farcir encore les samoussas et bonbons piments proposés en alternative dans le « panier créole », bon pour les touristes. Celui-ci est servi dans un ramequin… sale. Fort heureusement pour lui, il est croquant, si l’on excepte les haricots verts en boîte bien entendu. Et assez passable. Acidité un peu forte. Piment pas très prononcé (clientèle délicate oblige sans doute), curcuma trop bavard. Même si nous avons vu pire dans le genre. La petite salade qui l’accompagne est fraîche, et la sauce vinaigrette blanche par dessus fait bien son travail. Nous nous demandons conséquemment ce que vient faire l’autre petit bol de vinaigrette dans cette histoire. Certes certains doivent préférer leur salade « cuite » dans une sauce abondante, mais enfin tout de même. Avec ça, pas de pain. Nous devons le réclamer.

Pas d’eau non plus d’ailleurs. Il est hélas assez courant que le service des restaurants que nous testons omette de proposer de l’eau. A croire que l’on prend les clients pour des chameaux. Nous n’avons pas le temps de nous en formaliser, car le canard fait son entrée. En marmite dressé.

Nous réclamons le rougail. Décidément, cet établissement est adepte du proverbe « zenfan i plèr pas i gaign pas tété. » Et le rougail arrive. De la tomate coupée gros doigts. Tiens, pourquoi ne sommes-nous pas étonnés ?

IMG_1652Gros doigt aussi est cuisiné le canard. Nous avions pu sauver notre apéritif de la noyade, las, le civet ne s’en est pas sorti. S’il y a du vin là-dedans, on pourrait en compter les molécules. C’est fadasse à en pleurer. Zéro sur toute la ligne pour l’assaisonnement. Clous de girofle zéro. Laurier zéro. Poivre zéro. Saveur zéro. C’est d’autant plus dommage que la viande elle-même est ferme, et aurait demandé à voir son caractère mis en relief. Au lieu de ça la sauce la laisse tomber comme une pauvresse. Les quantités sont en revanche conséquentes. Compte tenu de la médiocrité de cette affaire, ce n’est plus de l’optimisme, c’est considérer que le client est atteint de boulimie associée à de l’agueusie (ce qui est sans doute le cas pour certains).

Rien à dire en particulier sur le riz, tout juste au-dessus de l’infâme riz basmati sec et sans doute pas cher que trop de restaurants proposent à leur clients « parce-qu’ils aiment ça » soi-disant…

Les grains sont mangeables. Bien cuits, mais en sauce un peu claire. Nous demandons le dessert, une salade de fruits, et un café. Ce dernier est servi en premier. Nous attendons. Nous attendons encore. Ça va, ça vient. Ça discute. Nous détestons le café froid, aussi le petit noir prend la pente. Aussitôt fini, la salade de fruit, jolie, jolie, ramène enfin sa fraise. Nous la renvoyons aussi sec, avec le malaise. Et le restaurant fait un geste commercial, reconnaissant le couac.

Nous repartons donc délestés d’un peu moins de 29 euros, et lestés de déception. Le rapport qualité-prix boit la tasse.

Oui, en effet, rien n’a changé à l’Eté indien. Toute la vie semble être pareille à ce matin, comme chantait le Dassin. Le service est aimable, certes, et semble (« semble », oui, mais c’est loin d’être parfait !) faire de son mieux pour satisfaire la horde clients attablés, venus se sustenter de la foultitude de plats qui sortent des cuisines, et qui doivent sans doute être meilleurs que ce que nous avons mangé aujourd’hui. Sauf épidémie de boulimie.
C’est toujours l’usine donc, à l’Étang-salé-les-bains. Mais à notre sens, proposer ce genre de cuisine réunionnaise au rabais, noyée dans une carte hétéroclite, n’est pas servir les intérêts de notre gastronomie. Les touristes fraîchement débarqués doivent savoir que « ça » est à des années lumières de ce que La Réunion peut mettre dans leur assiette. L’été indien semble inoxydable, et si c’est bien la fourchette en inox qu’elle avait récolté il y a quatre ans, cette année, c’est fantastique, c’est du plastique !

FourchettesPour résumer. Accueil : bien • Cadre : bien • Présentation des plats : moyen • Service : moyen • Qualité des plats : mauvais • Rapport qualité-prix : mauvais. Impression globale : insuffisant
Fourchette en plastique

LA PRÉSENTE CRITIQUE A ÉTÉ RÉALISÉE LE 26 JANVIER 2018, À PARTIR DE MIDI, ET NE PRÉTEND PAS ÊTRE UNE VÉRITÉ ABSOLUE ET DÉFINITIVE. NOTRE POINT DE VUE EST SUBJECTIF, PAR NATURE, MAIS PARFAITEMENT HONNÊTE. NOUS CERTIFIONS N’AVOIR AUCUN RAPPORT DE PRÈS OU DE LOIN AVEC LES PROPRIÉTAIRES DE CE RESTAURANT ET AUCUN INTÉRÊT À ATTRIBUER À CE DERNIER UNE BONNE OU UNE MAUVAISE NOTE. DANS TOUS LES CAS, LE RESTAURANT DISPOSE D’UN DROIT DE RÉPONSE.
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Le Restaurant « Cascades »

Notre dernière visite au restaurant de l’Anse des Cascades remonte à … 2011 ! Il est grand temps d’aller traîner nos guêtres du côté de Piton-Sainte-Rose pour mettre cette fourchette d’or (l’une des premières) à jour.

Rappelons d’abord que cet établissement fait partie du paysage bucolique de l’Anse des cascades depuis que les photos étaient encore en noir et blanc, et la télé aussi d’ailleurs. Les actuels gérants l’ont retapé entièrement et l’ont bien entretenu, ce qui ne doit pas être une mince affaire avec le taux d’humidité ambiant, surtout ces jours-ci.

Nous débarquons entre deux pluies, en ayant réservé à la terrasse. L’accueil est souriant et professionnel. Deux formules possibles : le buffet, où un cabri-massalé olfactivement en forme côtoie un civet de cerf, un cari de porc et un poisson aigre-doux. Nous leur préférons le cari bichiques (à 38 euros, ah ben oui ma bonne dame, be chic!), et le cari zourite au menu du jour. Nous présupposons bien entendu que les bichiques ont baigné dans nos eaux encore dernièrement, vu le prix, et ne sont pas du surgelé en provenance d’on ne sait où. Nous sommes à peine installés que la serveuse vient sonner le tocsin. « Notre machine à carte bleue fait des siennes depuis deux jours. Vous pouvez payer en espèce ou par chèque ? ». Allons bon. Hors de question de retourner à Sainte-Rose chatouiller le gabier, et revenir. Pas le temps. Nous sommes sur le point de prendre congé quand la serveuse insiste, nous retient, nous propose d’essayer de passer la carte quand même, pour voir. De payer d’avance pour tout dire. Et ça fonctionne. Nous sommes donc délestés de 68 euros et attendons de voir si nous en aurons pour notre argent.

Le service est dynamique. Il a intérêt. Mine de rien, la grande salle soutenue par son caractéristique arbre central se remplit doucement. La terrasse aussi. Deux boissons et une dizaine de minutes plus tard nos assiettes arrivent. Notons une volonté de dressage, même s’il faudra encore du travail (et du temps?) pour faire mieux. Les caris sont servis en proportion honnêtes pour un estomac normal. La portion de riz est en revanche ridicule. Il n’y a pas d’autres mots. Nous réclamons illico du supplément, qui mettra un peu de temps à venir, nous laissant entamer les caris de manière conséquente. Et pour cause.

IMG_6141Les bichiques respirent encore le fond de canal, mais leur saveur est un peu écrasée par un curcuma trop bavard et des épices velléitaires ou thym et poivre dansent la gigue de fond de marmite. Les alevins eussent-ils été plus sec, un peu plus « croûtés » , que leur goût si prisé se serait mieux exprimé. Hélas, ils sont mouillés comme s’ils sortaient d’une averse, et la couleur du plat est en phase avec le ciel plombé du jour. 38 euros, c’est cher payé pour un cari non abouti, fut-il de bichiques.

IMG_6142Le cari de zourite en revanche est tout à fait seyant. Il nous emballe la glotte, nous masse les gencives, nous tourneboule le palais. C’est déjà intelligent de ne pas se cantonner au sempiternel civet quand il s’agit de nous mitonner la bête à ventouses. Mal dosé, ou mal choisi, le vin a tendance à exploser la saveur du zourite, qui perd toute sa subtilité. Nous retrouvons cette dernière avec plaisir, dans son côté musqué et parfumé en même temps, qui fait bon ménage avec un poivre civilisé. La chair est tendre, glissante, dans une sauce épaisse magnifique. Le tout a été pimenté en mode « moyen », à notre demande, et la bestiole s’en agiterait presque, comme mue d’un réflexe post-mortem. Du cari zourite de compétition, on vous le dit, même si celle-ci est sans doute passée par la case congélation, forcément. À côté, les pois du Cap dégagent un fumet intéressant, fort bien porté par une sauce veloutée. Le rougail (ou hachard) de papaye croquant, à l’acidité légère, tout emballé de curcuma, a un goût de pas assez. Le riz est hélas cette chose sèche et en grains, sans caractère, que l’on trouve de plus en plus souvent dans les restaurants de l’île.

Total donc : 68 euros boisson comprises, sans entrées et sans dessert. Le rapport qualité-prix est perfectible, et les bichique sont directement en cause. Nous devions repartir avec une barquette de massalé-cabri, qui nous avait fait du gringue, mais à dix euros la barquette simple, hors de question. Faut pas pousser mémé quand même.

IMG_6146IMG_6137Nonobstant le temps qui file, et les vicissitudes diverses par lesquelles est passé le « Restaurant Cascades », la qualité semble y être toujours au rendez-vous. C’est de la cuisine réunionnaise de bonne facture, c’est le cas de le dire, qui mérite amplement le déplacement, même sans tenir compte du cadre incroyable dans lequel on la déguste. Les poissons rouges, sur réservation, y sont particulièrement appréciés. Nous n’avons pas eu cette chance, hélas. Aujourd’hui nous avons eu un accident de bichiques, qui se sont laissés tout de même boulotter, notez bien, et un zourite festif ! Nous applaudissons aussi un service très professionnel, souriant, sympathique, qui essaie de satisfaire tous et chacun malgré le coup de feu, et qui a eu l’intelligence et le sens du commerce de nous retenir, alors que nous allions rebrousser chemin. La fourchette d’or de 2011 restera… en 2011. Aujour-d’hui, c’est une fourchette en argent qui tombe, avec recommandation tout de même.

FourchettesPour résumer. Accueil : bien • Cadre : très bien • Présentation des plats: bien • Service : très bien • Qualité des plats : bons • Rapport qualité-prix:  perfectible. Impression globale : bonne table
Fourchette en argent

LA PRÉSENTE CRITIQUE A ÉTÉ RÉALISÉE LE 11 JANVIER 2018, À PARTIR DE MIDI, ET NE PRÉTEND PAS ÊTRE UNE VÉRITÉ ABSOLUE ET DÉFINITIVE. NOTRE POINT DE VUE EST SUBJECTIF, PAR NATURE, MAIS PARFAITEMENT HONNÊTE. NOUS CERTIFIONS N’AVOIR AUCUN RAPPORT DE PRÈS OU DE LOIN AVEC LES PROPRIÉTAIRES DE CE RESTAURANT ET AUCUN INTÉRÊT À ATTRIBUER À CE DERNIER UNE BONNE OU UNE MAUVAISE NOTE. DANS TOUS LES CAS, LE RESTAURANT DISPOSE D’UN DROIT DE RÉPONSE.

 

Le Zion Place

IMG_5910La route des laves nous appelle de nouveau en ces jours de fêtes de fin d’année. Nous y étions il n’y a pas si longtemps, visiter le Four à Pain, qui fit l’objet d’un reportage dans le Kaloupilé. Aujourd’hui, le hasard nous fait nous arrêter pile en face de la Case Volcan, qui a changé sa vaisselle paraît-il, au tournant de la dernière coulée de lave. L’endroit s’appelle le Zion Place.

Un snack de bord de route ordinaire, à première vue. A première vue seulement. Quelques tables sous la terrasse, propres, décorées de sets originaux, un menu alléchant, une bonne odeur de cari et un accueil plus que sympathique : c’est davantage qu’un banal snack.

L’homme qui nous accueille chaleureusement, le sourire en tranche de papaye, et nous invite à rester, alors que nous étions partants pour des barquettes, nous fait saliver sur le romazava à la carte. « C’est mon affaire ça ! », fait-il, avec un accent malgache et un air qui n’est pas sans rappeler le père Abdou, du QG, à Bourg-Murat. Nous sommes tout de suite à l’aise, comme fanafoutés par ce personnage qui semble sorti tout droit d’un conte.

La carte est simple, mais complète. Un cari créole du jour (du poulet aujourd’hui), un burger maison, un steak de poisson frais, un romazava, donc, du camaron au palmiste et un boucané au chou de vacoa, pour des tarifs qui s’étalent entre douze et quinze euros. Nous choisissons le poulet et le romazava. En attendant, nous sirotons un excellent jus d’ananas et papaye frais, qui nous met les papilles au garde-à-vous.

IMG_5915Les assiettes sont livrées quelques minutes plus tard, dressées de manière originale, couvercle de marmite par-dessus. Les grains, des pois du Cap, et le rougail tomate sont présentés dans des contenants à bec. La couleur du poulet, qui compose aussi le romazava, nous interpelle. C’est pâle. Sépulcral même pour le plat malgache. Les brèdes mafane pour leur part se comptent presque sur les doigts des deux mains, et sont d’un vert éclatant. Un bouillon clair baigne les pieds du poulet. Nous commençons à nous demander où nous sommes tombés. Puis, nous goûtons. Et là, miracle.

Etant entendu que bien évidemment, comme dirait Didier, le poulet est de la catégorie des « pas cher », nous sommes d’abord surpris par la précision de sa cuisson. Même les morceaux de blanc ne sont pas trop secs, quant au reste, la viande se tient bien sur les os dont l’aspect révèle la lignée industrielle du gallinacé. En bouche, il manque clairement un peu de ce peps qu’une attache prolongée en marmite aurait donné, mais étonnamment, cela passe quand même. En effet, le cari est parfumé, épicé comme « matante » tricotant un pull pour l’hiver à sa voisine casse-pieds, au « ti fine » de fin d’année.

IMG_5921Le romazava, dans la même veine, est étonnant. Le poulet, bien que blanc, est imbibé de la sauce où le piquant anesthésiant caractéristique des mafanes fait son show, en duo avec quelques crevettes pour un côté terre-mer absolument savoureux. La chair en est sublimée. Les brèdes, dont le vert nous avait surpris, offrent un croquant joyeux qui nous emplit la bouche de leur saveur magnifique. Nous faisons la remarque au patron qu’il y a un goût de pas assez, il se repointe avec du « rab » dans une marmite, en nous expliquant que certains clients pouvant être surpris, il reste prudent sur la quantité des brèdes. Nous en profitons pour le cuisiner sur sa façon de préparer celles-ci pour les garder aussi vertes et croquantes. C’est assez évident, en fait. Devinez vous-même.

IMG_5926Les accompagnements tiennent aussi la route. Le rougail tomate, bien que haché (et nous détestons ça), s’avère frais, pimenté avec justesse et tout à fait disposé à danser un séga avec la volaille. Les pois du Cap sont en crème, d’un velouté divin, et derrière ses atours curcumatés, une saveur qui ne nous est pas inconnue nous fait froncer les sourcils en point d’interrogation. Ravensare ? Peut-être bien, mais non, ce n’est pas ça. Le coupable ne se cachait pas loin, juste en dessous de la surface : un morceau de tomate ! Une recette de certaines familles réunionnaises. Nous n’avons jamais vu cela dans un restaurant. Voilà ce qui donne aux pois ce surplus de poids ! A quelques tables de nous, une cliente se délecte d’une salade palmiste géante dressée dans sa propre écorce … oui, Zion Place propose cela aussi.

Nous terminons les assiettes et commandons un gâteau de patate douce en dessert, avec les cafés. Le gâteau est dur. Il aurait mérité un passage au four avant d’être servi. Heureusement qui le caramel qui l’accompagne le réchauffe un peu. Le mélange est intéressant, mais perfectible. Le café doit être coulé, vu les dépôts qui restent dans les tasses. Il est excellent !

Addition : 51 euros pour trois caris, un dessert, deux cafés et les boissons. Compte tenu de la qualité générale, le tarif est bon.

IMG_5930Il y a de la concurrence au sortir de la coulée de 2007, sur la route nationale. La Case Volcan avait héritée d’une belle fourchette en argent en mars 2016. Le Zion Place a également plus d‘un tour dans son sac. Attanase Jera, qui gère l’établissement, a le don de vous mettre à l’aise avec sa bonne humeur communicative. Il est très rare de voir autant d’attention dans l’accueil, et le service n’est pas en reste. Si le jeune qui accompagne le patron est encore un peu timide et hésitant, il y met beaucoup de bonne volonté. Attanase est même allé chercher un chou de palmiste pour montrer à une touriste de quoi était faite sa salade ! D’autre part, la cuisine du Zion Place est originale et goûteuse. Même si le chef jongle avec les ingrédients pour être le plus productif possible, il arrive à sortir des plats qui se défendent, qui étonnent même parfois, avec des cuissons justes, adaptées aux produits, et des assaisonnements maîtrisés. C’est une qualité professionnelle indiscutable. La carte resserrée fait un joli tour des saveurs réunionnaises, avec une pointe malgache délicieuse. Pour être tout à fait objectif, le Zion Place mérite une fourchette en argent avec recommandation. Mais il manque si peu de choses pour tout soit parfait aujourd’hui : quelques couleurs au poulet, un rougail tomate pilé et non haché, un gâteau qui ne soit pas un pavé, des détails qui, mis en balance avec la qualité globale de la cuisine et du service, ne nous empêchent pas d’attribuer à cet établissement du Sud Sauvage une fourchette d’or d’encouragement. Il ne faudra pas baisser la garde et blinder le service pour les jours d’affluence. Bonne année 2018 à toutes et à tous !

FourchettesPour résumer. Accueil : très bien • Cadre : bien • Présentation des plats: bien • Service : très bien • Qualité des plats : très bons • Rapport qualité-prix:  bon. Impression globale : très bonne table
Fourchette en or

LA PRÉSENTE CRITIQUE A ÉTÉ RÉALISÉE LE 24 DECEMBRE 2017, À PARTIR DE MIDI, ET NE PRÉTEND PAS ÊTRE UNE VÉRITÉ ABSOLUE ET DÉFINITIVE. NOTRE POINT DE VUE EST SUBJECTIF, PAR NATURE, MAIS PARFAITEMENT HONNÊTE. NOUS CERTIFIONS N’AVOIR AUCUN RAPPORT DE PRÈS OU DE LOIN AVEC LES PROPRIÉTAIRES DE CE RESTAURANT ET AUCUN INTÉRÊT À ATTRIBUER À CE DERNIER UNE BONNE OU UNE MAUVAISE NOTE. DANS TOUS LES CAS, LE RESTAURANT DISPOSE D’UN DROIT DE RÉPONSE.

 

Le Cari Factory

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A Saint-Denis ville, partie basse, rue Jules Auber, à un jet d’ail de « Chez Yann » que nous testâmes tantôt, un nouveau restaurant a ouvert ses portes : le Cari Factory. Cuisine locale sur place ou à emporter, et à volonté si vous décidez de rester. Vous pouvez ainsi demander un assortiment de cari tout de suite, histoire de vous faire une idée avant de repartir pour celui qui vous a le plus séduit. L’endroit affiche un style qui se veut industriel, même s’il reste du travail côté aménagement.
L’accueil est correct. Le service aussi. Le logo est accompagné d’une accroche en anglais : « Original tasty food ». Nous allons bien voir si c’est aussi « tasty » que cela.

En ce qui nous concerne, nous avons choisi le poulet fumé aux pommes de terre, le sacro-saint rougail morue du vendredi, le cari de poisson frais (de la dorade aujourd’hui), et un « cari d’zeuf » revu façon malbar : en sauce massalé. Riz, gros pois, haricots rouges et deux rougails, tomates et citron, constituent les accompagnements.

La vue est déjà alléchante. Les caris ne sont pas avachis et présentent de jolies couleurs.

IMG_5887Nous commençons par le poulet fumé. Pour être fumé, il l’est. Quant à savoir avec quoi, c’est une autre histoire. Sans doute quelques morceaux de caoutchouc ont dû fondre parmi les copeaux de bois qui ont servi à la fumaison, parce que cette volaille industrielle a un arrière-goût de pneu, même pas atténué par la triple tonne de sel qui charge la viande. Ça se mange ça ? Renseignement pris, le poulet provient de chez Minatchy, Rivière des pluies. Ils ont dû fumer leurs poulets sur des réacteurs d’Airbus, à côté. Immonde.

Passons au poisson. C’est beaucoup mieux. Heureusement, sinon on s’arrêtait là. La dorade n’est pas notre poisson préféré en cari, mais celle-ci est bien assaisonnée et se défend, malgré une saveur intrinsèque en berne et une texture qui manque de moelleux. La sauce est conforme aux standards, avec des épices qui font le job et des tomates mûres, pas trop acides. Un petit piment vert « Crasé » eut été bien accueilli avec ça, mais le rougail citron, en purée, fait un remplaçant correct.

Filons vers la morue. La donzelle est rustre. Décharnée plutôt qu’émiettée, elle est humide et non « croûtée », ce qui ne la rend pas plus séduisante. Les morceaux sont trop gros à notre goût, mais heureusement le sel est ici bien dosé, et l’assaisonnement lui relève un peu les bas-résilles. Du rougail morue de base, pour résumer. Pas facile de trouver de la bonne morue, on sait, mi comprend pu, mi comprend pas…

Bifurquons vers les Œufs massalé. C’est le plat « traditionnel » du lot, et sans doute le meilleur, si l’on considère bien entendu qu’en bouche, le blanc bouilli se mélange mal avec la sauce, par nature. On est habitué. Cette dernière, au massalé donc, est délicieuse. Elle humecte le riz basmati merveilleusement. Ajoutez le rougail tomates par-dessus, et c’est le festival. Le massalé est volontaire mais non agressif, avec assez de nuances gustatives pour vous embaumer les sinus au passage.

Le riz est en grain, bien cuit. Les haricots sont de bonne facture. Nous n’avons pas goûté aux gros pois. Pas de dessert aujourd’hui. Tant pis. En temps normal des gâteaux locaux sont disponibles. Addition : 41 euros pour trois plats et les boissons. Le rapport qualité-prix est perfectible.

IMG_5889Sur le bas de la ville de Saint-Denis, dans un pâté de béton où aucune verdure ne vient tempérer les ardeurs du soleil, le Cari Factory commence son aventure. Pas facile de trouver une place de parking. L’astuce est de vous garer à l’ancienne gare routière, puis de rejoindre la rue Jules Auber par la rue des Sables, que vous trouverez juste en face. 3 minutes à pied.

Plusieurs retours nous étaient remontés de la part de clients assez satisfaits. Nous avons voulu nous faire notre propre idée, et pour le moment, elle est mitigée. Les produits devraient être mieux choisis. Mais le potentiel est néanmoins là, la clientèle aussi. Puisse le Cari Factory prendre vite sa vitesse de croisière pour peut-être combler en partie le vide laissé par la fermeture du Fouquet, un peu plus bas, même si ce dernier ne jouait pas tout à fait dans la même cour. Faites-vous votre propre idée. Laissez vos commentaires sur Clicanoo, Facebook, ou le mail indiqué ci-dessous, si le cœur vous en dit. Pour nous, aujourd’hui, le Cari Factory récolte une fourchette en inox.
Nous vous souhaitons un joyeux Noël et un excellent réveillon gourmand.

Pour résumer. Accueil : bien • Cadre : bien • Présentation des plats: bacs • Service : bien • Qualité des plats : moyens • Rapport qualité-prix:  perfectible. Impression globale : peut mieux faire.
Fourchette en inox

LA PRÉSENTE CRITIQUE A ÉTÉ RÉALISÉE LE 22 DECEMBRE 2017, À PARTIR DE MIDI, ET NE PRÉTEND PAS ÊTRE UNE VÉRITÉ ABSOLUE ET DÉFINITIVE. NOTRE POINT DE VUE EST SUBJECTIF, PAR NATURE, MAIS PARFAITEMENT HONNÊTE. NOUS CERTIFIONS N’AVOIR AUCUN RAPPORT DE PRÈS OU DE LOIN AVEC LES PROPRIÉTAIRES DE CE RESTAURANT ET AUCUN INTÉRÊT À ATTRIBUER À CE DERNIER UNE BONNE OU UNE MAUVAISE NOTE. DANS TOUS LES CAS, LE RESTAURANT DISPOSE D’UN DROIT DE RÉPONSE.

 

Le Ben Ile

Ben Ile 1Aujourd’hui direction Dos d’Ane, à dos de cheval vapeur, dont les amortisseurs souffrent un peu pour cause de travaux en plein Pichette. Dos d’Ane est un village réunionnais des hauts agréable, tout vert et rafraîchi par l’altitude, point de départ ou d’arrivée de randonneurs en rang d’oignons sur le sentier de la Roche Verre-bouteille, déboulant sur un point de vue dont la mairie, tutti et quanti, semble se ficher comme de l’an quarante tant le site est à l’abandon. Désolant.

Au numéro 1 du chemin Cap Noir, qui mène à cet endroit, le Ben île ouvre ses portes aux clients du coin et de loin. C’est une salle propre d’une trentaine de couverts, plus une vingtaine en terrasse pour les jour de soleil. Nous arrivons de bonne heure, comme d’habitude et en profitons pour jeter un œil sur les articles vendus dans le vide-grenier attenant.

L’accueil de la patronne est jovial. Trois plats au menu du jour : rougail saucisse, cari poulet fumé et rougail morue du vendredi. Nous choisissons les deux derniers, plus un gâteau patate et une tarte au coco pour le dessert. Après le rafraîchissement mousseux, les deux plats sont servis à l’assiette, avec un dressage simple et propre, dont des feuilles de salade bien vertes et fraîches. C’est parti.

Ben ile 2Le poulet fumé nous paraît d’entrée trop timide en goût. Le fumet est présent, mais pas assez. Heureusement que la sauce du cari vient l’aider. Celle-ci, au demeurant, par sa consistance et la prédominance tomatée, a plus de point commun avec celle d’un poulet basquaise qu’avec celle de notre cari de poulet national. Cela manque de franchise au niveau des épices. Pour autant, c’est bon. Le riz profite bien de cette belle sauce rouge. Clairement, il faut revoir la volaille elle-même, pas assez goûteuse.

Le rougail morue fait meilleure figure malgré, là aussi, d’une humidité surnuméraire. La chair est émiettée trop gros, comme celle des morues en barquette. Un séchage plus prononcé, terminé par une croute de fond de marmite aurait donné davantage de relief à la salaison en relevant son fumet. Du piment vert « krasé » aurait enlevé tout ça davantage encore. Ces détails mis à part, le plat se tient aussi.

Les accompagnements ne sont pas mis en défaut : très bon riz grain long correctement cuit, souple ; magnifiques pois du Cap bien en crème, veloutés et épicés ; très bon rougail tomates, correctement coupé et écrasé, même s’il manque un peu de piquant à notre goût. Même les quelques feuilles de salade sont très bien assaisonnées.

Ben ile 3Les desserts terminent ce repas en fanfare. La tarte au coco et le gâteau patate, chacun dans leur registre, adoptent une texture moelleuse et se délitent en bouche pour un plaisir décuplé. Le petite glace est parfaite. Deux pâtisseries exécutées avec justesse. Efficaces et déjà regrettées quand l’assiette est terminée.

Si nous tenons compte de la tradition culinaire réunionnaise, impossible de dire que les deux plats que nous avons dégustés sont des modèles du genre. Ils sont quelque peu à part. Ce qui ne les empêche pas d’être correctement préparés et de satisfaire le palais. Une bonne entrée en matière pour faire découvrir notre gastronomie aux touristes, avant de les emmener vers des préparations plus authentiques, et sans doute plus grasses et plus épicées.
Car le positif est aussi dans un dosage de sel correct, peut-être trop léger sur le poulet tout de même, et un bon équilibre en gras. Une première visite nous avait également satisfait, avec un cari de poulet très correct, et un boucané ti-jacques honnête bien que nous aurions préféré du ti-jacques boucané. Autant d’arguments qui, ajoutés à la qualité de l’accueil et du service, nous font décerner au Ben Ile une jolie fourchette en argent.

FourchettesPour résumer. Accueil : bien • Cadre : moyen • Présentation des plats: bien • Service : très bien • Qualité des plats : bons • Rapport qualité-prix : bon. Impression globale : bonne table
Fourchette en argent

LA PRÉSENTE CRITIQUE A ÉTÉ RÉALISÉE LE 1ER DÉCEMBRE 2017, À PARTIR DE MIDI, ET NE PRÉTEND PAS ÊTRE UNE VÉRITÉ ABSOLUE ET DÉFINITIVE. NOTRE POINT DE VUE EST SUBJECTIF, PAR NATURE, MAIS PARFAITEMENT HONNÊTE. NOUS CERTIFIONS N’AVOIR AUCUN RAPPORT DE PRÈS OU DE LOIN AVEC LES PROPRIÉTAIRES DE CE RESTAURANT ET AUCUN INTÉRÊT À ATTRIBUER À CE DERNIER UNE BONNE OU UNE MAUVAISE NOTE. DANS TOUS LES CAS, LE RESTAURANT DISPOSE D’UN DROIT DE RÉPONSE.

La Marmite du pêcheur

IMG_5077Direction Saint-Philippe aujourd’hui, patrie du pimpin, du vacoa, de la nature qui luxure entre le vert et le bleu, avec le noir du basalte entre les deux. Nous retournons à la Marmite du Pêcheur, adresse visitée en 2015, qui nous avait laissés sur notre faim malgré une fourchette en argent.

Cette fois-ci, nous débarquons en semaine. Pas âme qui vive à 11h30. Cela se remplira au fur et à mesure et l’agréable terrasse est prisée. Les lieux sont en tout point identiques à nos souvenirs : outre cette terrasse, une grande salle confortable bien qu’un peu froide. Le style général, tables comprises, est classieux sur les bords, sans ostentation. L’accueil est souriant et très professionnel. Au menu du jour : gratin de papaye ou assiette créole, cari de porc palmiste, cari de poulet ou cari de poisson du jour, puis une assiette de trois desserts avec café. Saint-Philippe étant aussi la patrie du palmiste, nous optons pour le cochon, plus l’assiette créole.

Un punch nous fait patienter. À vue de nez, du jus de fruit en brique avec du rhum. Il est suivi d’un amuse-bouche au saumon avec un petit beignet de bringelle.

IMG_5083L’assiette créole ouvre la séance. C’est un achard de légumes, accompagné d’un samoussa, d’un bonbon piment et d’un beignet de morue, décorés d’une feuille de salade fatiguée. Ces fritures sont relativement correctes, la farce du samoussa est molle. Le achard est coupé «gros doigts», ou plutôt au robot, et à part une acidité teintée d’amertume, pas grand-chose. Nous avons presque l’impression de manger du curcuma à la cuillère. Heureusement les légumes sont croquants, mais leur saveur est écrasée. Les émincés de gros piment sauvent l’honneur. Cela fait un bon moment que nous n’avons pas vu de bons achards de légumes au restaurant. Certains objecteront que sa préparation «comme avant» prend trop de temps.

IMG_5085Le cari de porc, à la vue déjà, ne fait pas envie, même présenté dans une petite marmite. Aucun semblant de décor pour donner de la couleur au plat. En bouche, c’est pire. À la mastication, les gros morceaux de chair, filandreux et secs, dégagent un arrière-goût de cochon brut, sans finesse. Un goût qu’on oublie assez vite puisque le cari est atomisé par un poivre dosé à la grosse Bertha. Lequel poivre a bien sûr phagocyté la saveur du palmiste qui, de toute façon, n’a visiblement pas eu le temps de boire le jus du cari, puisqu’il est dur sous la dent et filandreux aussi, Félicie. Il faudrait appeler ça un «cari de poivre au porc palmiste en filasses». Pour être tout à fait honnête.

Les grains sont trop salés et se sont accrochés au fond de la marmite vu la réminiscence cramée qui remugle. Le riz est passable. Le rougail tomate est lui aussi coupé gros, comme on le voit souvent, il faut croire que les restaurants de cuisine réunionnaise «de standing» ont oublié ce que c’est qu’un pilon. Résultat : le rougail est médiocre, d’autant que les tomates commencent à refouler cette saveur de maturation proche de la date limite. L’autre rougail, concombre, est standard.

IMG_5090Le café gourmand du dessert ne nous laissera pas non plus un souvenir impérissable. Ni les douceurs chocolatées, ni cette crème couchée de goyavier, quelconque. Pour ce menu sans relief, nous avons payé 20 euros. Le rapport qualité prix est mauvais.

Peut-être aurions-nous dû choisir le poisson. Un adage nous vient à l’esprit quand on regarde la salle, le standing plus ou moins affiché, et ce que nous avons eu dans notre assiette : «Qui trop embrasse, mal étreint». Et ce genre de cuisine «réunionnaise» n’étreint plus rien d’autre que les objectifs de rentabilité. C’est bâclé. C’est une injure à notre gastronomie authentique, dans un lieu qui se trouve en première ligne du tourisme. En l’espèce, et malheureusement, la Marmite du pêcheur ne fait pas exception en la matière, bien d’autres adresses touristiques sont du même moule, y compris les hôtels d’ailleurs. Jusqu’à preuve du contraire, en matière de cuisine locale, il n’y en a pas un pour racheter l’autre, à quelques rares exceptions près. C’est inadmissible. La Marmite du pêcheur serait bien inspirée de revenir à une cuisine plus goûteuse, plus respectueuse de nos traditions, quitte à changer de registre. Compte tenu de ce que ce restaurant représente dans le Sud Sauvage, nous ne pouvons qu’être sévères, en espérant qu’il s’agisse d’un incident. En conséquence, pas d’autre choix que de ficher une fourchette en plastique sur le menu de la Marmite du pêcheur, aujourd’hui.

FourchettesPour résumer. Accueil : bien • Cadre : bien • Présentation des plats : moyen • Service : très bien • Qualité des plats : mauvais • Rapport qualité-prix : mauvais. Impression globale : insuffisant
Fourchette en plastique

LA PRÉSENTE CRITIQUE A ÉTÉ RÉALISÉE LE 10 NOVEMBRE 2017, À PARTIR DE MIDI, ET NE PRÉTEND PAS ÊTRE UNE VÉRITÉ ABSOLUE ET DÉFINITIVE. NOTRE POINT DE VUE EST SUBJECTIF, PAR NATURE, MAIS PARFAITEMENT HONNÊTE. NOUS CERTIFIONS N’AVOIR AUCUN RAPPORT DE PRÈS OU DE LOIN AVEC LES PROPRIÉTAIRES DE CE RESTAURANT ET AUCUN INTÉRÊT À ATTRIBUER À CE DERNIER UNE BONNE OU UNE MAUVAISE NOTE. DANS TOUS LES CAS, LE RESTAURANT DISPOSE D’UN DROIT DE RÉPONSE.

L’Eskal Gourman

IMG_1015L’été qui revient nous pousse aujourd’hui a emprunter les lacets de la Plaine-des-Palmistes pour prendre le frais et déjeuner. Nous avons visité la plupart des restaurants de ce joli village, depuis que cette rubrique existe.
La Ferme du Pommeau, Le Relais des Plaines, l’Escale des Calumets, Le Platane, Le Ti feuille Songe (aujourd’hui disparu) et dernièrement le Relais des Pitons, ont été passés à la moulinette, avec plus ou moins de bonheur. L’or n’a jamais été au rendez-vous.

IMG_1014Cette fois nous descendons à l’Eskal Gourman, à côté de la place du marché. Quelques tables à l’intérieur, une terrasse, et des bacs à caris. Ici c’est semi-self service et plateau. L’accueil est poli. Au menu : rôti de dindonneau, porc massalé aubergine (et pas « bringelles » ! ), civet zourite, poulet dakatine, rougail saucisses, tout ça accompagné au choix de riz blanc ou riz jaune au petit pois. Va pour le civet, le dindonneau et le rougail saucisses. Nous posons nos plateaux, nos séants, et attaquons.

IMG_1011Le civet zourite a une belle couleur, mais joue à la chambre à air : c’est caoutchouteux. Pas au point d’en être immangeable, encore heureux. Un petite cuisson un peu plus poussée ne lui aurait pas fait de mal. Côté épices, c’est mince. Le girofle est comme la sœur Anne, le poivre est timide, les humeurs de vin autistes. Ce civet là conviendra très bien aux délicats qui n’aiment pas les goûts trop prononcés, comme celui qu’un civet zourite civilisé a logiquement tendance à proposer.

IMG_1010Le dindonneau ferait presque mieux. La chair est peu sèche, mais fade, d’autant que le rôti est tout enrobé d’une sauce au poivre vert au tempérament affirmé. C’est mangeable, mais pas transcendant.

Le rougail saucisses est de la catégorie des standards de barquette. Les tranches fines délivrent une saveurs plutôt satisfaisante dans leur sauce rouge qui imbibe le riz. Mais là encore, nous avons largement vu mieux.

Dans cette morne plaine gustative où on s’emmerde à cent sous de l’heure, un petit rougail oignon-citron tire son épingle du jeu. C’est pimenté mais pas trop, et l’acidité parfumée de l’agrume s’est bien mariée avec celle de l’oignon. Cela réveille le zourite. Le riz est dans la même veine que les caris : banal. Même le riz jaune, curcumaté au camion tout-venant, sec, accompagne mal les caris.

Nous n’envisageons même pas de dessert, et réglons une note de 42,50 euros, boissons comprises, pour 3 pesonnes. Sachant qu’un repas sur place est facturé à partir de 12 euros (7, à emporter). Le rapport qualité-prix est limite.

L’Eskal Gourman affiche sans honte « spécialités au feu de bois ». Ah bon ? Réchauffé au feu de bois alors, parce que du fumet caractéristique du cari cuit au feu de bois : zéro. Ou sans doute n’avons nous pas eu droit aux « spécialités ». Car effectivement, ce repas n’a rien eu de spécial. L’Eskal Gourman est un camion bar moyen déguisé en restaurant. Des plats cuisiné par dessus la jambe, à l’économie, pour remplir les ventres. Pas pour ravir les palais. Le genre de plats qu’on a davantage l’habitude de voir en ville plutôt que dans la verdure des villages des hauts, où on s’attend à manger des bon caris, dussent-ils être préparés avec des produits standards.
Le service quant à lui est assez professionnel. Il n’y a pas grand chose d’autre à dire, sinon que l’Eskal Gourman a mérité sa fourchette en inox.

 

finoxPour résumer. Accueil : bien • Cadre : bien • Présentation des plats: Self • Service : bien • Qualité des plats : moyens • Rapport qualité-prix:  perfectible. Impression globale : insignifiant.
Fourchette en inox

LA PRÉSENTE CRITIQUE A ÉTÉ RÉALISÉE LE 4 NOVEMBRE 2017, À PARTIR DE MIDI, ET NE PRÉTEND PAS ÊTRE UNE VÉRITÉ ABSOLUE ET DÉFINITIVE. NOTRE POINT DE VUE EST SUBJECTIF, PAR NATURE, MAIS PARFAITEMENT HONNÊTE. NOUS CERTIFIONS N’AVOIR AUCUN RAPPORT DE PRÈS OU DE LOIN AVEC LES PROPRIÉTAIRES DE CE RESTAURANT ET AUCUN INTÉRÊT À ATTRIBUER À CE DERNIER UNE BONNE OU UNE MAUVAISE NOTE. DANS TOUS LES CAS, LE RESTAURANT DISPOSE D’UN DROIT DE RÉPONSE.

Un autre son de cloche

[Découverte]

IMG_4458Depuis une petite année, dans le quartier de la Délivrance, aux pieds de la magnifique église éponyme, résonne un Autre son de cloche. Non pas les matines, ni l’angélus, mon père, mais celui des cuisines de Jean-Noël, enfant du Bon Dieu et d’Épicure, qui, presque chaque jour que l’Éternel fait, gratifie sa clientèle de ses petits plats arrangés avec amour, selon son inspiration et les produits frais offerts par notre belle nature.

IMG_4460 okTrois entrées, trois plats et trois desserts autorisent de multiples combinaisons, et si vous voulez vous faire la totale, entrée, plat et dessert, il vous en coûtera 28 euros, plus la monnaie pour la quête.
Une gourmandise qu’il ne faut pas confondre avec gloutonnerie. La première est signe que vous aimez les bonnes choses, la seconde que vous avez un palais en galva associé à une panse sans fond. Chez l’abbé Jean-Noël, l’on entretien la première sans vous encourager à la seconde. Chaque plat est dosé, dressé avec soin, et malgré les apparences, vous sortez repus, la conscience tranquille, la vésicule joyeuse. Arrosé d’un bon petit vin que vous conseille le patron, ce repas se digère comme le petit Jésus pour un nouveau communiant.
Aujourd’hui nous dégustons des crevettes sauce tartare pommes vertes et fenouil, une entrecôte, jus et condiments et un pain perdu, fraises et crème fouettée.

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IMG_4473 okUne entrée de crevettes tout en jeu de sensations. La sauce tartare donnant de l’épaisseur et relevant les crustacés qu’on a cru se tasser. La pomme verte et le fenouil apportent du croquant et une fraîcheur anisée qui habille bien les bestioles.
L’entrecôte demandée saignante est conforme à nos souhaits. Elle est tendre -la vache- persillée, picote sur les entournures, rince les petits légumes de son jus magnifique de viande rouge, brut et non brutal, et sa purée de patate fraîche veloutée, que nous terminons lentement pour faire le deuil de la viande désormais disparue. Peine perdue. Et pain perdu. Place au dessert.
Quelle chanteuse célèbre adore le pain perdu ? Hélène Ségara. Si vous n’avez pas compris tout de suite, vous rirez la semaine prochaine.

Le notre a ramené sa fraise, puis filé comme un mirage, mie imbibée, croûte aussi, crème fouettée, dessert béni. Cela s’appelle se prendre un pain. Cette douceur de l’enfance, goûter d’hiver quand brouillard i marche kat’pat. Mais l’été pointe, lentement. Et c’est le soleil qui brille sur les menus de l’Autre son de cloche.

Mais Jean-Noël veut rester discret. Pas de pub. Donc rappelez-vous : vous ne lisez pas cet article, vous n’irez pas acheté le journal, nous n’avons pas été manger ce délicieux repas, qui n’existe pas. Vous ne vous précipiterez pas là-bas ventre à terre, pour entendre ce very « bel » bell. Et passer cette porte du paradis des gourmets. God bless cette adresse.


26 Place de la Délivrance – Petite-île, Saint-Denis
0692 97 23 33

Le Royal Palmiste

IMG_4435Au cœur de la jolie bourgade de l’Entre-Deux, avec ses jolies cases créoles typiques, nous allons aujourd’hui tester un restaurant qui fut un temps fermé, et que nous avions repéré bien avant que cette rubrique n’existe. Notre dernière visite, dans un autre restaurant de cuisine locale à l’Entre-Deux, qui date déjà de 2011, ne nous avait pas laissé un souvenir impérissable, sauf peut-être celui d’un choka mal préparé amer comme le fiel.

Aujourd’hui nous descendons donc au Royal Palmiste, allusion, sans doute, à la rangée de palmiers royaux qui borde la petite case créole refaite quasi à neuf depuis notre précédent passage. Les gérants ont opté pour la formule du buffet à volonté à 16 euros.

L’accueil du solide et moustachu patron est souriant et aimable. Il nous invite à prendre place et l’on vient nous porter l’apéritif. Outre des entrées de crudités crues ou cuites, un massalé cabri, un civet de pintade, des saucisses au choka (la spécialité) et un sauté de morue attendent d’être dégustés. Nous n’allons pas les faire attendre longtemps.

IMG_4440Les crudités sont fraîches, et bien arrangées par une vinaigrette joyeuse. Nous apprécions particulièrement la salade de choux-fleur juste mi cuits, qui ont conservé assez de croquant, et la macédoine de légumes. Ces préliminaires achevés, nous tombons sur les caris à bras raccourcis. Dans l’ordre du plus ordinaire au plus goûtu : Le civet, le massalé, la morue et les saucisses.

IMG_4442Nous trouvons le civet bien sec. C’est normal : c’est de la pintade, qui a dû s’entraîner pour le Grand Raid, sans doute, avant de passer à la casserole. Parce sa viande, raide, elle est ! Raide et passablement sèche donc, elle offre conséquemment en bouche une texture un peu brute. Fort heureusement tout cela est bien arrangé par un assaisonnement correct, avec des épices bien roussies et un vin de qualité. « Ce n’est pas du Co… (Ooops, pas de marque ! Il veut dire : « gros rouge »), mais du Bordeau », précise le restaurateur. La pintade est presque noire. Si l’odeur est tout à fait conforme à celle d’un civet bien sous tous rapport, la saveur du vin cuit s’en va un peu vite, laissant en finale une sorte d’amertume acide, derrière un sel trop présent. Quelque persil haché par-dessus aurait fait merveille.

Le sel roule aussi les mécaniques dans le massalé cabri, avec cette fois l’avantage de tempérer quelque peu le caractère de vieux bouc de la viande, aidé par un massalé puissant mais non agressif. C’est un peu loin du souvenir que nous avions gardé de ce même plat, dégusté au même endroit. La viande était plus tendre, le massalé plus nuancé et complexe, et le cotomili était présent, si nos souvenirs sont bons. Cela reste quand même un bon cabri-massalé, même s’il est un peu gras aux entournures, la faute à la sauce.

Avec la morue, on passe au niveau supérieur. Nous aurions pu croire que le sel ramènerait sa fraise, là plus qu’ailleurs, eh bien non. La chair est bien éclatée menue, sautée avec justesse en compagnie des oignons et de trop rares gros piments coupés dans la longueur. Le goût musqué du poisson est pourtant un peu timide. C’est qu’on ne trouve plus que difficilement de la bonne morue, ma bonne dame, et un dessalage appuyé vous envoie les saveurs aux cent diables. Cette morue-ci se finit quand même sans broncher. Un petit piment vert « crasé » lui aurait donné davantage de tonus, comme les épinards pour Popeye.

IMG_4437Tout en haut du podium aujourd’hui : les saucisses au choka. Une merveille. D’abord des saucisses fumées odorantes et goûtues, fines, charnues, qui évoquent la campagne et la tradition créole du cochon des familles trucidé de bonne heure dans le frimât des hauts, tandis que les mains s’activent à préparer les épices. Des saucisses du Tampon, selon le patron. Le choka en julienne pour sa part s’est imprégné de leur fumet, pour jouer en tandem avec son propre goût prononcé, qui rappelle ici un mélange subtil de chou de coco et de cambarre, avec une texture équilibrée, ni trop molle, ni trop dure, et soyeuse sous la gencive. L’ensemble se mange sans faim.

Pour accompagner, un excellent riz gourmand, qui s’imprègne bien des sauces ; des gros pois en crème, qui ont de la cuisse ; et un rougail citron-oignon hélas solitaire. Étant repus, nous n’envisageons pas de dessert, et réglons une note de 39 euros pour deux personnes. Le rapport qualité prix est bon.

Le Royal Palmiste s’appelait autrefois le Choka, et a retrouvé ses premiers gérants. Un changement de nom pour tourner une page sans doute, mais le choix du buffet, s’il a des avantages indéniables, retire un peu de cette ambiance conviviale et hospitalière propres aux établissements de cuisine créole des hauts. Par bonheur, les plats ont un niveau correct et respectent la tradition réunionnaise, malgré un sel trop présent sur deux caris et un cabri un peu dur. Pour aller plus loin, un ou deux rougails supplémentaires donnerait le choix des accompagnements, car le sempiternel rougail citron-oignon n’est peut-être pas si passe-partout que cela. Exemple aujourd’hui : un rougail concombre, pour aller avec le massalé, et un piment vert, pour servir la morue, auraient été bienvenus. Si l’on ajoute le cadre simple et agréable et des gérants relativement accueillants, l’on a tous les arguments pour décerner au Royal palmiste une honnête fourchette en argent.

Un petit tour à la charcuterie

C’est vendredi. Précipitez-vous savates dans la main vers la charcuterie située à deux pas du Choka, dans la rue perpendiculaire, pour acheter leur boudin. Leur saucisse avait participé au concours de la saucisse d’or de l’année dernière, et leur boudin est très bon. Moelleux, magnifiquement épicé, avec un persil causant et la petite claque pimentée qui va bien, ce boudin, réchauffé, sera le prince de votre entrée pour le repas de famille, accompagné d’un petit mesclun ou du traditionnel cresson.

FourchettesPour résumer. Accueil : bien • Cadre : bien • Présentation des plats: perfectible • Service : bien • Qualité des plats : bons • Rapport qualité-prix:  bon. Impression globale : bonne table
Fourchette en argent

LA PRÉSENTE CRITIQUE A ÉTÉ RÉALISÉE LE 13 OCTOBRE 2017, À PARTIR DE MIDI, ET NE PRÉTEND PAS ÊTRE UNE VÉRITÉ ABSOLUE ET DÉFINITIVE. NOTRE POINT DE VUE EST SUBJECTIF, PAR NATURE, MAIS PARFAITEMENT HONNÊTE. NOUS CERTIFIONS N’AVOIR AUCUN RAPPORT DE PRÈS OU DE LOIN AVEC LES PROPRIÉTAIRES DE CE RESTAURANT ET AUCUN INTÉRÊT À ATTRIBUER À CE DERNIER UNE BONNE OU UNE MAUVAISE NOTE. DANS TOUS LES CAS, LE RESTAURANT DISPOSE D’UN DROIT DE RÉPONSE.

Le Belvédère

IMG_0732Mare-à-Vieille-Place. Ce joli village du cirque de Salazie, au cachet authentique, où officie le charcutier titulaire de la saucisse de bronze 2015 (première édition de notre concours de la meilleure saucisse), est le passage obligé vers Grand-Ilet. Un coin charmant connu pour son point de vue panoramique sur Mare-à-Martin de l’autre côté du rempart. Un point de vue où il fait bon pique-niquer et qui donne son nom au restaurant que nous testons aujourd’hui : Le Belvédère.

IMG_0722Le restaurant, qui est également un snack et une salle de jeu, est logé dans une case créole patinée. Quelques tables espacées dedans, quelques autres sous l’étroite terrasse en façade, l’intérieur est arrangé simplement. C’est propre. Le jeune barbu qui nous accueille est sans doute le patron. Il nous invite à nous installer et nous demande de choisir parmi les quatre caris du jour.

Nous nous laissons tenter par un civet de canard et un massalé de coq, plus un rougail saucisse pour la route. Les assiettes sont dressées puis déposées sur notre table rapidement, avec les boissons. Ca bave un peu du côté des gros pois. La portion de cari est chiche. Nous attaquons.

IMG_0721Le civet de canard, d’une belle couleur sombre, très bien épicé, est un peu timide à l’odeur mais se rattrape en bouche. C’est très bon. Le vin parfume la chair sans faire semblant, mais sans brutalité non plus. Le poivre, et un girofle boute-en-train, l’accompagnent efficacement, en sublimant la saveur brune du volatile. Pas de sauce grasse, et c’est bien, mais pas de persil haché dessus non plus, et c’est dommage, il aurait aidé le cari à avoir plus de panache au nez. De plus, c’est mal nettoyé, des racines de plumes sont encore présentes sur les ailes…

IMG_0716Le coq massalé est de la même trempe. Et même davantage si l’on ne juge que par sa texture musclée. Il propose un mordant qui n’autorise pas les dents déchaussées. Un temps de cuisson supplémentaire l’aurait assoupli davantage, mais qu’importe : ce coq-là est du coin, il y a de fortes chances, bénéficiant du grand air, si l’on en juge par son caractère affirmé, que le massalé parvient à peine à maîtriser, comme un cow-boy sur un cheval sauvage. C’est du massalé équilibré, ni trop agressif, ni trop subtil, mais une ou deux cuillères de plus et du caloupilé n’auraient pas été de trop, à notre sens tout du moins. Les palais plus délicats ont amplement apprécié. La dose de sel est parfaite dans ces deux caris, ainsi que dans le rougail saucisses que nous dégusterons ultérieurement.

Assez bon rougail, bien qu’un peu sec. La sauce n’a presque pas teinté le riz, et ce n’est pas un défaut de service : elle doit être assez maigre, bien qu’elle colore les saucisses suffisamment pour que l’appellation « rougail » soit méritée. Les saucisses elles-mêmes sont aussi du coin, supposons-nous. Cette saveur poivrée et chambrée, cette texture particulière de viande hachée gros, c’est de l’ouvrage artisanal, à n’en point douter. Un rougail concombre croquant et assez pimenté pour chauffer les touristes accompagne très bien le coq ou le canard.

IMG_0728Les pois du Cap en « creume » aussi d’ailleurs. Seul le riz nous déçoit quelque peu. Ce n’est pas ce vilain riz grain long, sec, auquel le hasard de nos visites nous a abonnés dernièrement, mais ce n’est pas très goûtu non plus. À changer, à notre humble avis. Nous terminons par des bananes flambées, très bonnes. Un dessert simple mais qui clôt le repas sur une belle note sucrée.

L’addition se monte à 35€ pour trois caris dont un à emporter, deux boissons et deux desserts. Le rapport qualité-prix est correct.

Le Belvedère est un endroit sympa, dans un style évoquant les boutiques d’autrefois, le chinois en moins, et propose une belle vue sur une cuisine réunionnaise authentique et très goûtue. L’accueil et le service qui nous ont été offerts étaient souriant et attentionnés. Nous ne déplorons que quelques détails, où se loge le diable. Des négligences sans grande importance en soi, mais qui dénotent un manque d’attention professionnelle. Les couverts d’abord, qui sont dépareillés, dont des couverts d’enfant. Petite fourchette qui plie, couteau faiblard avec les viandes fermes des caris. La remarque est faite au gérant, qui nous objecte que les couverts en inox sont difficiles à trouver et chers (ah bon?). Nous lançons ici un appel pour qu’un fournisseur obligeant s’occupe du Belvedère, s’il vous plaît ! La serviette en papier ne vaut pas mieux. A peine s’est-on essuyé les mains qu’elle se déchire. Des quantités de cari à revoir pour les « bons » mangeurs, pas de carafe d’eau sur la table (récurrent dans beaucoup d’autres établissements), un morceau de gingembre gros comme un ongle qui nous passe sous la molaire (heureusement, nous adorons ça !), une cuisson du coq un peu juste en rapport à sa fermeté naturelle, pas de brèdes (on est dans les hauts, tout de même, mais ça aussi c’est récurrent), les assiettes dressées mais non essuyées, autant de petites choses qui, corrigées, donneraient au restaurant un côté plus « pro », sans dénaturer son authenticité. Un problème de temps et de manque de personnel, sans doute. Rien de bien grave de toute manière. Avec un peu plus d’efforts, d’envie et de motivation (si c’est possible), la fourchette d’or est très largement accessible. Aujourd’hui nous avons le plaisir de compléter la vaisselle du Belvedère avec une jolie fourchette en argent (honorifique) !

FourchettesPour résumer. Accueil : bien • Cadre : bien • Présentation des plats: perfectible • Service : très bien • Qualité des plats : bons • Rapport qualité-prix:  bon. Impression globale : bonne table
Fourchette en argent

LA PRÉSENTE CRITIQUE A ÉTÉ RÉALISÉE LE 17 SEPTEMBRE 2017, À PARTIR DE MIDI, ET NE PRÉTEND PAS ÊTRE UNE VÉRITÉ ABSOLUE ET DÉFINITIVE. NOTRE POINT DE VUE EST SUBJECTIF, PAR NATURE, MAIS PARFAITEMENT HONNÊTE. NOUS CERTIFIONS N’AVOIR AUCUN RAPPORT DE PRÈS OU DE LOIN AVEC LES PROPRIÉTAIRES DE CE RESTAURANT ET AUCUN INTÉRÊT À ATTRIBUER À CE DERNIER UNE BONNE OU UNE MAUVAISE NOTE. DANS TOUS LES CAS, LE RESTAURANT DISPOSE D’UN DROIT DE RÉPONSE.